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Après des siècles de bataille, le sport féminin a-t-il enfin vaincu le sexisme ?

Égalité salariale, tenues vestimentaires, le sport féminin a gagné bien du terrain en matière de sexisme. En ce mois d’Août 2022, la rédaction a décidé de faire le point : Le sport féminin a-t-il vaincu le sexisme ?

De plus en plus les matchs féminins font la une, et ont le droit à davantage de visibilité. D’ailleurs, cet été, le magazine féminin engagé Causette a sorti un Hors-Série sur ce thème “Les femmes gagnent du terrain”. Sans grand étonnement, on y apprend que certains sports sont encore considérés comme genrés, tels que le Rugby et la Gymnastique.

Combattre le sexisme : les clichés ont la vie dure

Il y a 100 ans, le football féminin attirait plus de public que les joueurs masculins. Une nouvelle qui a particulièrement déplu à la fédération anglaise de football, puisqu’en 1921, elle a  interdit aux femmes de jouer dans les stades appartenant à la fédération. 

Il a été calculé que sur 110 fédérations sportives, 8 ne respectent pas les 25% d’égalité obligatoire du ministère français du sport. De plus, pour 10 000 sportifs professionnels en France, il a été constaté qu’il y a moins de 10% de femmes.

Aux États-Unis, les joueuses du club féminins américains de football ont porté plainte, aux côtés de la célèbre joueuse Meghan Rapinoe, pour discrimination contre la fédération. Elles ont enchaîné les boycotts au Kenya et au Danemark pour avancer sur cette route de l’égalité. En 2016, elles avaient menacé de boycotter les J.O de Rio pour les différences de salaires et de conditions de travail entre les femmes et les joueurs masculins. Pour la sociologue Catherine Louveau, les sportives françaises ne sont pas assez revendicatives : il reste du chemin à parcourir.

Si les bleues avaient remporté le Mondial 2019, elles auraient gagné 4% de ce qu’auraient gagné les hommes. Pourtant, elles n’ont pas protesté.” 

Favoriser l’apparence au confort : la sexualisation des sportives 

En matière de sexisme, le sport féminin est une véritable mine d’or. Rappelez-vous de Sepp Blatter, ancien président de la fédération internationale de football avait déclaré en 2004 : “ Elles pourraient porter des shorts plus moulants” en parlant des joueuses de foot, qui de cette manière pourrait augmenter les audiences. Heureusement, les féminisme et le passif du #MeToo dans la société ont permis de faire avancer le combat. Évidemment, les réactions suite à cette remarque ne se sont pas faites attendre. 

Le sport féminin attire énormément de voyeurs, en témoigne les nombreux tôlés sur les tenues réglementaires de ces dernières années. Les tenues des sportives dans le Tennis ont été à l’origine pensées pour une question pratique. C’est Suzan Lenglen, la première championne française de tennis à l’internationale,  qui a été une des première femme à porter un bandeau et une jupe courte pour les matchs en 1919. Ce qui à l’origine devait améliorer son agilité et sa rapidité, a rapidement été sexualisé. Pour le tournoi de Wimbledon, les joueuses demandent la fin des tenues blanches, inadaptées aux menstruations, et ajoutant une angoisse supplémentaire pour les joueuses. 

Beaucoup de sportives rapportent également les propos sexistes des coachs et plus généralement des commentaires déplacés dans le milieu. Comme Marie Wattel, cette championne d’Europe en 2021 du 100m papillon avait témoigné à Marie-Claire  certaines remarques entendues durant les évènements sportifs comme :  

Celle-là, elle a un beau cul

Les critiques physiques sexistes sur le gabarit des nageuses en les qualifiant de “trop baraques” par exemple ne sont pas rares. Pour être une bonne nageuse, il faut avoir de bonnes épaules, et ce qui ne devrait être la norme se transforme rapidement en sujet sexiste. 

Écart salarial : le sport n’est (hélas) pas une exception 

En 2012, ELLE interviewait Fabienne Broucaret. La journaliste et Créatrice du Blog “Sportissima”, confiait que d’après elle, si les sportives ont du mal à atteindre la catégorie Professionnelle, c’est parce que dans notre société elles sont encouragées à favoriser leurs études. Ainsi, elles sont nombreuses à cumuler un travail et un sport de haut niveau. Cela impacte tout autant les salaires. C’est une des raisons pour lesquelles la plupart des sportives n’ont pas le même salaire que les joueurs masculins. Elles ont le même niveau, mais pas la même reconnaissance. Pour l’Euro 2022, les primes des footballeuses françaises auront une prime quinze fois inférieure à celle des hommes. Ce n’est pas la première fois, la sociologue Catherine Louveau avait déclaré :

Si les bleues avaient remporté le Mondial 2019, elles auraient gagné 4% de ce qu’auraient gagné les hommes. Pourtant, elles n’ont pas protesté.”

Pour elle, en France, les sportives ne sont pas revendicatives.


Le magazine Causette a démontré lors d’une récente étude que 90% des personnes interrogées estiment qu’il est plus difficile pour une femme d’obtenir des sponsors et des financements. Un chiffre contre lequel les sportives se battent encore et toujours.

Pour en savoir plus sur le féminisme, consultez notre article D’exploratrice à pionnière : 5 exploratrices à (re)découvrir.

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